Journal d’une confinée

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Jour 1 : Vite avant le couvre-feu acheter de la nourriture. Vite s’organiser dans cette guerre annoncée. La première guerre depuis 70 ans ! Que faire des enfants, des grands-mères, etc. ? Midi :  les cloches n’ont pas sonné et le silence dans les rues comme des acouphènes à plat. 20 heures : tous aux  fenêtres. on applaudit, on  crie, on rend hommage aux soignants. Quelle émotion !

Jour 2 : Alors, c’est la crise sanitaire ? On peut quand même se dégourdir un peu dehors ? NON ! Et comment trouver une boîte à lettres, calculer cette distance aux autres, ne pas toucher, etc. ? Ne pas toucher sans gants et puis lavage des mains plus de 10 fois par jour pendant 20 secondes Et comment faire pour attraper au fond de son sac le papier de dérogation ?  Pour essayer un masque et le maintenir sans oreilles de lapin ? Pour retirer ses gants de protection sans risques ? Pour manipuler les portes de l’immeuble avec précaution ? Pas simple. On se sent un peu dyspraxique.

Jour 3 : Temps de rêve dans ce cauchemar entamé. Bon, positivons, on appelle tout ceux qu’on aime. Amour égale éloignement, c’est une nouvelle formule. Ah bon, il n’y a plus de malades en Chine. Malades ou morts? On n’y croit pas vraiment, mais ça fait plaisir quand même.

Jour 4 : Des masques pour les soignants, please ! En parlant d’élastique, ce sont aussi nos journées : la liste des imprévus s’allonge et celle des habitudes rétrécit. Un plan pour 15 jours, cinq semaines, deux mois ? On bricole, confiné à domicile avec ses proches, des attitudes, soit psychologue,soit on lâche l’humeur en vrille. L’élastique encore. Mais, c’est la journée du bonheur. Pour qui ? Ah oui, le Festival de Cannes change de coutume, change de costume : les SDF sont invités à occuper la grande salle (je n’ai jamais rencontré un seul SDF pendant le festival du film…). À Hong Kong, l’épidémie serait étranglée. Ouf !

Jour 5 : Vive la date du printemps ; un peu froid cependant. Réchauffons-nous avec la médecine de l’armée : pas des-armée pour cette guérilla ! À l’honneur, le papier ménager, révolution de l’après guerre. On peut épargner : couper les mouchoirs, les serviettes de table, etc. Attention le tissu sec peut abriter trois heures ou plus le coronavirus et le mouillé jusqu’à… six jours ! Bon terminons cette journée avec un peu de sport d’intérieur : quelques gouttes de savon sur le carrelage ; pédaler, stepper en augmentant l’effort. Grotesque certes, mais physique…

Jour 6 : Un dimanche encore plus vide dehors que jamais, un dimanche tout confiné en dedans. On va osciller entre l’angoisse des lendemains et le besoin de rire.

Jour 7 : Jean-Jacques Goldman chante « Sauver des vies » juste pour nous. Dans quelques jours on saura si le médicament hydroxychloroquine est efficace. On verra aussi si nos efforts donnent des résultats encourageants.

Chantons, comme en Italie, après tout beaucoup de nouvelles nous ont emmenés à Rome. Chantons, parlons, écrivons, partageons avec Mid&Plus !

Doc Eugénie
©Doc Eugénie - Mid&Plus

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