Un lutin jubilatoire

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Rafraîchissant comme un lutin descendu de sa montagne, bondissant comme un cabri ou un chamois, d’une idée à une autre, enchaînant vanne sur vanne pendant plus d’une heure trente, Gaspard Proust place la barre très haute en cette rentrée, avec un costume de scène que je mets tout prince charmant au défi de porter aussi bien que lui ! Ni chrétien ni juif ni musulman, il est à l’aise pour flinguer tout le monde d’une façon totalement désopilante, irrévérencieuse et désarmante. Il taille des croupières à l’Homo Trottinettus. Gauche, droite, tout le monde y passe y compris les femmes entre deux âges, dont le nombre de sacs à mains est un précieux indicateur que je vous laisse découvrir. L’air de la montagne est probablement une des rares ressources qui trouve grâce à ses yeux et surtout à son cœur, qu’on imagine fondant comme du Nutella, sous la carapace d’une lucidité matinée d’un cynisme dont on ne sait s’il est feint. Pense-t-il tout ce qu’il dit si bien ?

That’s the question et vous avez jusqu’à la fin de l’année pour aller applaudir un funambule des mots hors norme, un artiste qui travaille sans filet mais avec bretelles, avec une inspiration et verve aussi époustouflantes que jubilatoires. À voir, écouter et revoir sans modération !

Anne-Claire Gagnon

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