Le blanc est une couleur

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Pour nos ancêtres, il n’y avait pas de doute : le blanc était une vraie couleur. Déjà, sur les parois grisâtres des grottes paléolithiques, on employait des matières crayeuses pour colorer les représentations animales en blanc. C’est la somme de toutes les couleurs en optique, quoi qu’en dise Newton qui l’avait exclue de son nouveau continuum chromatique.

Blanc comme neige

Dans notre culture, la couleur blanche symbolise la virginité, l’innocence, la pureté, la simplicité mais aussi la connaissance. Elle représente également la force, la lumière, la sagesse et le divin. En effet, dans certaines religions, le blanc permettrait de se purifier et de décharger sa culpabilité. Si nous pensons au mariage avec la fameuse robe de mariée blanche, cette teinte peut également signifier l’absence de défaut mais aussi la fidélité. Vous êtes-vous déjà imaginée en blanc lorsque vous étiez encore un peu oie blanche ? C’était peut-être il y a longtemps, quand vous croyiez encore aux contes de fées et au « tout est bien qui finit bien », en tout cas la robe de mariée immaculée, vous en avez rêvé c’est sûr !

Se faire des cheveux blancs

Avec le blanc, nous sommes dans la virginité et l’innocence, mais curieusement aussi dans la vieillesse et la sagesse. Le bébé et le vieillard, le blanc du grand âge, celui des cheveux qui blanchissent, indique la sérénité, la paix intérieure, la sagesse. Le blanc de la mort et du linceul rejoint ainsi le blanc de l’innocence et du berceau. Comme si le cycle de la vie commençait dans le blanc, passait par différentes couleurs et se terminait par le blanc (couleur du deuil en Asie).

Blanc comme un linge

Longtemps, le blanc fut aussi une garantie de propreté. Pendant des siècles, toutes les étoffes qui touchaient le corps (les draps, le linge de toilette et ce que l’on appelle maintenant les sous-vêtements) se devaient d’être blanches, pour des raisons d’hygiène bien sûr (le blanc était assimilé au propre, le noir au sale). Nous cultivons même une véritable obsession pour le blanc, comme le martèlent les publicités pour les lessives : il faut désormais que tout soit toujours plus blanc ! Serait-ce notre manière moderne de rechercher la pureté ?

Pas tout à fait blanc bleu

Il y a un autre symbole fort du blanc : celui de la lumière divine.  Alors que la Vierge a été longtemps associée au bleu, Dieu lui-même est resté perçu comme une lumière… blanche. Les anges, ses messagers, sont également en blanc. Ce symbolisme s’est renforcé lorsque le blanc devint la seconde couleur de la Vierge avec l’Immaculée Conception. Les souverains, qui tenaient leur autorité du pouvoir divin, ont également adopté la couleur blanche et l’ont choisie comme une manière de se distinguer dans les armées. Souvenez-vous du cheval blanc d’Henri IV ! Le blanc est la couleur de la perfection, mais aussi de la purification et du nettoyage à tous les niveaux. Il inspire, aide à trouver la paix, la vérité et l’illumination spirituelle tout en éloignant les malédictions, grâce à ses ondes positives (la lumière blanche est très utilisée en chromothérapie).

Plus blanc que blanc. Et les occidentaux qui sont censés avoir le teint blanc… La blancheur de la peau a toujours agi comme un signe de reconnaissance. Jadis, puisque les paysans qui travaillaient en plein air avaient le teint hâlé, les aristocrates se devaient d’avoir la peau le moins foncée possible, pour bien s’en distinguer.

Nous n’oublierons pas que le blanc peut aussi être associé à l’absence, au manque : devant la page blanche, j’ai presque eu un blanc (ou un trou noir) !

Anne-Marie Chust
Photo de Une ©Carré blanc sur fond blanc, Kasimir Malevitch, 1918, MoMA, New York – Wikipedia

Les couleurs de notre temps de Michel Pastoureau (Bonneton, 2003)

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