Mary Cassatt virtuose

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Méconnue en France, éclipsée par ses contemporains Monet, Renoir ou Degas, découvrons Mary Cassatt à laquelle le Musée Jacquemart André rend honneur en présentant une cinquantaine d’oeuvres majeures prêtées par de nombreux musées américains et européens dans le cadre de sa première rétrospective en France. Artiste avant tout moderne et paradoxale (seule femme au milieu d’un groupe de peintres impressionnistes, elle se consacre au thème de la maternité, elle qui choisit de ne pas avoir d’enfant), Mary Cassatt s’installe à Paris en 1865 où elle restera jusqu’à sa mort en 1926. En 1877, l’artiste découvre Degas qui la stupéfie ! Il devient son grand ami. Mary Cassatt, qui choisit ses modèles dans sa famille, est une portraitiste virtuose et une grande pastelliste. Elle aime explorer de nombreuses techniques de gravure : pointe sèche, eaux fortes, vernis mou, aquatinte. On peut voir accrochées quelques estampes japonisantes incroyables, mais surtout ses remarquables femmes à l’enfant (« des Saintes Familles modernes » dira Georges Lecomte). Ici, pas de pose, les modèles sont saisis. « Peindre l’adulte, c’est résumer. Peindre l’enfant, c’est prévoir. » dira d’elle Camille Mauclair. Mais Mary Cassatt est aussi féministe avant l’heure. Elle participe à l’expo universelle de Chicago en 1893 au Pavillon de la Femme où elle peint une fresque monumentale sur le thème de la femme moderne afin de célébrer le récent épanouissement des femmes dans les arts et dans les sciences. Elle réitère en 1915 en participant  avec Degas et d’autres à New York à une exposition au profit du mouvement pour le droit de vote des femmes, avant de devoir arrêter de peindre car elle a perdu la vue.

Belle découverte que l’oeuvre audacieuse et moderne de cette unique figure américaine de l’impressionnisme !

Jusqu’au 23 juillet, Musée Jacquemart André, 158 boulevard Haussmann, 8e, tous les jours de 10h à 18h, nocturne le lundi jusqu’à 20h30.

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