Femmes dans l’ombre – II –

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Clementine Churchill, Nadia Léger, Yvonne de Gaulle, Irène Némirovsky. Dans ce deuxième volet, Mid&Plus a choisi de rendre hommage aux femmes demeurées dans l’ombre d’un père, d’un mari, d’une institution ou d’une oeuvre, avec un choix qui reflète, une fois encore, l’esprit curieux et éclectique qui anime notre équipe.

♦Clementine Churchill, la femme du « Lion »
par Vicky Sommet

©Winston_Churchill_and_his_wife,_Clementine,_on_board_a_naval_auxiliary_patrol_vessel_during_a_visit_to_the_London_docks,_25_September_1940._H4367

Clementine Hozier, Winston Churchill, un amour qui durera soixante ans même dans l’ombre du grand mythe. Parlementaire, de 10 ans son ainé, il demandera sa main en écrivant : « I am not rich nor powerfully established, but your daughter loves me & with that love I feel strong enough to assume this great & sacred responsibility »*. Pendant la guerre, elle gère des cantines pour travailleurs et œuvre pour la Croix-Rouge britannique mais sera absente des festivités du 8 mai 1945, en tournée en URSS. 1946, elle est nommée Grand-croix de l’Empire britannique, Dame Clementine Churchill, et en 1965, pair à vie, baronne Spencer-Churchill de Chartwell et siègera à la Chambre des lords sans affiliation. En difficulté financière, Clementine vendra aux enchères à un prix fort cinq peintures de Winston. Lady Spencer-Churchill meurt à Londres d’une crise cardiaque à 92 ans, enterrée près de son mari à Bladon.

Je ne suis ni riche ni établi de manière pérenne, mais votre fille m’aime et avec cet amour, je me sens assez fort pour assumer cette sacrée et grande responsabilité. »
VOIR : Films où Clementine est présente en 2002 The Gathering Storm avec Vanessa Redgrave et en 2017 Les Heures sombres avec Kristin Scott Thomas.
LIRE : « Churchill : Le dictionnaire » d’Antoine Capet Perrin (2018, 862 p., rubrique Clementine p. 36-40).

♦Nadia Khodossievitch (1904-1982), dans l’ombre de Fernand Léger
par Marie-Hélène Cossé

Étudiante aux Beaux-Arts de Smolensk, élève de Malevitch dans la toute jeune URSS, Nadia débarque à Paris en 1925 où elle étudie à l’Académie de l’art moderne où enseigne Fernand Léger avec qui elle aura une liaison en 1928. Elle rencontre en 1932 le grand amour de sa vie, Georges Bauquier, qui devient l’homme de confiance de Fernand Léger et qu’elle épousera deux ans après la mort du maître. Artiste, mais aussi femme engagée politiquement, Nadia sera très active au Parti Communiste Français. Elle restera l’assistante de Fernand Léger toute sa vie, notamment dans son Académie de l’art contemporain, avant de l’épouser en 1952, trois ans avant sa mort. Elle deviendra alors gardienne de son oeuvre qu’elle fera vivre en France et à l’étranger. On peut regretter que son oeuvre, quasi inconnue, ait été occultée par celle de celui qui est devenu son mari…

LIRE « Nadia Léger. L’histoire extraordinaire d’une femme de l’ombre » d’Aymar du Chatenet (IMAV éditions, septembre 2019, 616 p., €150).

♦Yvonne de Gaulle, la discrète
par Anne-Marie Chust
©Les femmes du Général - Mid&Plus

Une pensée toute particulière pour Yvonne de Gaulle, mystérieuse, celle sans qui « rien ne se serait fait », femme d’influence, née en 1900, disparue en 1978, qui a été aux côtés du Général à chaque instant important, dangereux, glorieux et qui a souvent porté seule le drame de leur vie, le handicap de leur fille Anne. Un vrai couple : on trouvera au moment de la mort d’Yvonne un billet que lui avait fait porter Charles en 1943 alors qu’elle était seule à Londres et qu’il avait déjà rejoint Alger : « Tous les deux bien appuyés sur l’autre physiquement et moralement, nous irons très loin sur la mer et dans la vie pour le meilleur et pour le pire. »

LIRE Yvonne et Charles, dans l’intimité du Général de Jocelyne Sauvard (Grasset, 2018). Yvonne de Gaulle de Frédérique Neau Dufour (Fayard, 2010).Yvonne de Gaulle de Geneviève Moll (Poche, 2000).

♦Irène Némirovsky, un destin tragique
par Isabelle Brisson

Juive d’origine Russe, morte le 19 août 1942 à Auschwitz, Irène Némirovsky n’a pas été reconnue à sa juste valeur de son vivant. J’ai découvert l’attachante personnalité de cette femme volontaire, originale et provocatrice récemment. Elle parle couramment sept langues. Auteur de nombreux romans et nouvelles, écrits en français, elle publie notamment « Le Bal » qui dépeint d’exécrables relations mère-fille. « La suite Française » obtient le prix Renaudot posthume, premier du genre. Elle dépeint l’exode et l’occupation des années 40.

LIRE « La vie d’Irène Nemirovsky » de Patrick Lienhardt et Olivier Philipponnat (Grasset, 2007).

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