De l’influence des films X

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Les couples remarquent une excitation et parfois une discussion. Chez l’adulte l’excitation sexuelle facilite la masturbation. Les seniors notent une reconnexion avec le corps. Les gays, lesbiennes, queers déclarent un contentement et un soutien à leur affirmation sexuelle. Chez les enfants jeunes des traumatismes psychologiques sont constatés. Et pour l’adolescent ?

Manque d’éducation sexuelle

On sait que la sexualité humaine n’a rien de naturel. On manque d’éducation sexuelle pour préparer à ce miracle du plaisir mutuel : livres, films, émissions télévisées ou radiophoniques. Même si sont apparus certains films de qualité pédagogique sur le thème, ils sont encore en nombre minoritaire face au déploiement des films X. En Angleterre, le gouvernement a lancé un programme éducatif obligatoire à partir de l âge de 4 ans ! Ne laissons donc pas la pornographie de portée si facile, c’est déjà l’objet culturel le plus consommé de nos jours.

La fin de l’érotisme

Pour la plupart des adolescents, la vision du X constitue un passage rituel à l’âge adulte. Cependant, toute pornographie constitue une transgression à la pudeur. Cette sortie du cadre propose des contraintes nouvelles : nombre de rapports, durée de ces rapports, positions obligatoires etc. Chez les acteurs, toute l’activité se déroule sans nuance : où est donc la disponibilité du partenaire ? Les préservatifs ne sont plus obligatoires à l’image et l’on constate aussi une baisse de l’utilisation de ces mesures de prévention dans le quotidien. Avec les films X, il en est fini de l’érotisme, car l’imaginaire n’est pas convoqué ! Plus de début, et plus de fin à l’acte d’amour, ni sensualité, ni plaisir des mots, ni baiser, ni caresses, ni lenteur et douceur. Au lieu de faire l’amour les ados disent « déboîter », « défoncer ». Où est l’expérience charnelle ?

Que provoque l’accoutumance ?

L’accoutumance aux films X est comparable à une addiction. Un mécanisme biochimique pousse le consommateur à explorer des catégories de plus en plus bizarres et violentes. Chez l’adolescent, l’accoutumance évoluant, l’aptitude aux rapports de couple diminue. Un désastre pour la vie sociale et amoureuse. L’accoutumance entraîne aussi des troubles de l’éjaculation et des troubles d’érection. Et comme toutes les addictions, beaucoup de souffrance et de honte ne ressemblent pas au plaisir escompté. Il est à noter que l’arrêt de la consommation va faire retrouver une sexualité ordinaire.

Rappelons que le cerveau se mâture à 25 ans. La fragilité des enfants les laissent blessés au choc des images pornographiques. Plus on est jeune, plus on est malléable. Il faudrait pouvoir les protéger par du filtrage efficace. Difficile, mais possible !

Doc Eugénie
Sexologue

Un sondage OpinionWay-20 Minutes révèle qu’1 adulte sur 10 a été confronté au porno avant ses 11 ans, et 6 sur 10 avant ses 15 ans. Avec un âge moyen du premier rapport sexuel à 17 ans, les jeunes commenceraient donc leur vie sexuelle avec le porno !

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